jeudi 22 juin 2017

Comment cuire des pâtes ?


Non, je ne vous prends pas pour des nuls. Il m'a fallu longtemps avant de découvrir le secret pour des pâtes parfaites : l'eau. Ce récent test complet de Serious Eat m'a donné envie de répéter ce que j'ai dit ici à chaque recette de pâtes, car ça change vraiment tout. Allons-y donc en détail, pour une non-recette qui va vous servir à chaque recette de pâtes, comme par exemple les linguine au citron, les spaghetti artichaut-chèvre, les linguine façon pissaladière, les spaghetti à l'ail pour séduire Scarlett Johansson, etc. D'ailleurs deux des "sauces" iconiques italiennes n'en sont en fait pas : les fameuses carbonara et cacio e pepe ne sont sauces que grâce à la maîtrise de cette fameuse eau de cuisson.

Commençons par quelques idées reçues :

  • Il faut mettre plein plein d'eau pour cuire des pâtes : FAUX
    Les couvrir d'eau suffit, tous les livres disent 1 litre d'eau par 100 grammes de pâte, en fait on peut en mettre carrément moins, alors que la plupart des particuliers ne calculent pas et mettent simplement une énorme casserole d'eau (qui fait parfois 6-7 litres pour 300g de pâtes).
  • Il faut mettre plein d'eau et un peu d'huile sinon les pâtes collent : FAUX
    JAMAIS on ne mets d'huile dans l'eau des pâtes. D'abord parce que ça ne sert à rien, les pâtes sont au fond et l'huile à la surface, c'est du gâchis d'huile. Ensuite parce que les traces d'huile qui resteront sur les pâtes empêcheront la sauce de s'accrocher à la pâte alors qu'on veut exactement le contraire. De plus, les pâtes cuites al dente ne collent pas, c'est quand elles sont trop cuites qu'elles s'agglomèrent les unes aux autres, ce qu'on ne veut pas non plus.
  • Pour voir si un spaghetti est cuit, il faut le lancer en l'air, s'il colle au plafond, c'est qu'il est cuit : NOOOON
    On suit les indications du paquet et on enlève : 1 minute si les pâtes sont d'une vraie marque italienne, 2 minutes si c'est une marque suisse, 3 minutes si c'est une marque française (ou une autre nationalité qui n'a pas la culture des pâtes al dente...). Et si vos pâtes collent au plafond, c'est bon pour le compost. En cas de doute : on goute ! Il faut que la pâte soit encore croquante à coeur, car elle va finir de cuire dans la sauce, donc elle doit être sous-cuite. 
  • L'eau de cuisson des pâtes doit être aussi salée que la Méditerranée : FAUX.
    C'est pourtant si poétique... mais c'est faux. L'eau doit être salée, environ 10g par litre d'eau disent la plupart des codes/livres/gourous, mais en fait on peut en mettre moins, même moitié moins... l'eau de cuisson sera ensuite utilisée pour la sauce, sauce que l'on a assaisonnée et dans laquelle les pâtes vont finir leur cuisson, si la sauce + les pâtes + l'eau de cuisson sont salées et qu'on ajoute encore du parmesan, ce sera trop salé. Il ne faut pas non plus supprimer le sel de l'eau de cuisson, car des pâtes non salées à coeur seront écoeurantes et fades.


Lançons-nous, pas à pas, dans la cuisson des pâtes. Faites comme si vous n'en aviez jamais cuisiné auparavant, oubliez vos automatismes, on reprend tout à zéro.
Si, à la fin de l'article, vous faisiez déjà tout comme moi, n'hésitez pas à vous auto-congratuler, vous êtes des personnes de goût.

samedi 17 juin 2017

Comment j'ai arrêté les supermarchés


A l'automne 2016, j'ai décidé de faire un test : aller le moins souvent possible sous les néons des deux géants oranges*. Ce test était motivé par plusieurs éléments : ma Migros de quartier très déprimante et mal achalandée, l'ouverture d'une épicerie en vrac à deux pas de chez moi, mon amour du marché de Lausanne et un mal de dos passager qui m'a poussé à me faire livrer des courses.

Le système de livraison de la Coop est assez optimal, même si leur site n'est pas des plus beau et a plein de défauts (j'aimerais par exemple qu'il ne faille pas 3 clics pour trouver l'information de la provenance du produit, qu'on puisse classer les produits par provenance/saisonnalité, que la construction des listes soit user friendy, etc.). Quand on s'y habitue et qu'on prend le temps de créer des listes de nos produits usuels, faire ses courses prend moins d'une demi-heure. Leurs livreurs sont toujours hyper sympas, quand j'avais mal au dos, l'un d'eux a même porté tous les sacs jusque sur le comptoir de ma cuisine. Et ils sont ponctuels, le moins ponctuel d'entre eux est arrivé... 10 minutes AVANT l'heure prévue. Leurs fruits et légumes sont bien choisis, les produits toujours bien protégés. En se faisant livrer régulièrement, les "superpoints" permettent de "payer" la livraison, donc ça revient au même prix qu'en supermarché... les tentations des têtes de gondoles en moins, la visibilité des actions en plus.

Donc, je me fais livrer les produits qu'on ne trouve pas ailleurs, toutes les 2-3 semaines, sur le pas de ma porte. Je n'ai plus besoin de pousser un caddie, ce qui tombe bien car je fais partie des maudits qui ont toujours le caddie avec la roue voilée. Je n'ai plus besoin de supporter les néons blafards. 


Je n'ai plus besoin de faire la queue à la caisse. Je n'ai plus besoin de m'énerver sur les haricots du Kenya, les pommes d'Israël, les fraises espagnoles et les poires chinoises. (Sauf qu'en fait si car c'est le même assortiment en ligne, mais je les "vois" moins.) Je fais mes courses aux heures que je choisis. Je me fais livrer aux heures que je choisis (c'est l'avantage de souvent bosser depuis la maison, je vous l'accorde). Ma qualité de vie a augmenté autant que mon stress a baissé.

Ça parait peut-être anecdotique, mais de ne plus aller au supermarché a changé plein d'autres choses dans mon quotidien.

Je fréquente encore plus souvent le marché, ce qui n'est PAS une corvée mais un plaisir, découverte de produits, dialogues avec les producteurs, produits en pleine saison tellement meilleurs et qui n'ont jamais vu de plastique, déchets minimisés et économiquement bien meilleur marché (hinhin) si l'on achète local et de saison.


Je fréquente plus souvent les petits artisans : fromager, boucher, caviste, boulanger, épicier. Et chez eux, pas de néon à déplorer ! Et c'est agréable, vivant, avec un vrai lien social.


J'en suis carrément devenue phobique du néon. Je ne prends plus aucun plaisir à faire du shopping, les magasins de chaînes me font horreur, je n'ai pas mis les pieds dans un H&M depuis 2016, même "juste pour voir".

Et tout ça parce que je ne fréquente plus les supermarchés. Une vraie augmentation de ma qualité de vie, du stress en moins, de la liberté en plus, des néons en moins, des rencontres en plus, des disputes de couple ("non c'est ton tour", "tu as oublié la liste", "ah non, pas des boissons, c'est lourd") en moins, la découverte de nouveaux produits d'artisans en plus.

Je ne peux que vous recommander d'essayer : espacez vos visites, essayez une livraison, repérez les artisans du goût de votre coin pour remplacer tous les produits possibles, surtout le frais. Faites-en un but de promenade et de découverte plutôt qu'une corvée de fin de journée-crevé-les enfants ont faim.

Après quelques mois, ça devient une habitude. L'autre jour j'avais besoin d'un truc vite fait, je suis passée à la Migros. Et je me suis rendue compte que ça faisait vraiment très longtemps que je n'y avais pas mis les pieds. Dix minutes très longues et désagréables. Ça m'a définitivement décidée à ne plus y mettre les pieds.

Et à ceux qui m'ont asséné le très ridicule : "mais tu as pensé aux vendeuses, elles vont perdre leur job si tout le monde fait comme toi". Je ne peux pas sauver le monde avec mon pauvre porte-monnaie, et la consommactrice en moi préfère financer sciemment des petits artisans et producteurs plutôt que les actionnaires des la grande distribution. Et les livraisons à force ça fera perdre des jobs de caissiers-caissières, mais ça en créera d'autre dans les centres de distribution, et des jobs de livreurs. Sans compter que les caisses électroniques ne m'ont pas attendue pour supprimer ces jobs-là... et que ce n'est pas près de s'améliorer avec Amazon qui vient de s'offrir Whole Foods...


Et à ceux qui m'ont dit : "c'est facile pour toi, tu n'as pas d'enfants"... JE NE VOIS PAS LE RAPPORT. Vous pouvez aussi vous faire livrer et commander le soir. Vos enfants seront ravis de vous accompagner au marché où ils croqueront votre bouquet de radis, chez le fromager qui leur fera toujours goûter des trucs, chez le boulanger où du coup ils auront un petit pain avec la fameuse barre de chocolat. Et ils apprendront le goût, le vrai. Et ils n'apprendront pas les néons des magasins. Et ils deviendront des ÊTRES DE LUMIÈRE QUI SAUVERONT LA PLANÈTE. Ok, je m'emballe peut-être.


Essayez, deux mois, juste pour voir, et revenez m'en parler, ça m'intéresse d'avoir vos retours !

Je vous laisse, le marché va bientôt fermer, faut que j'y roule mon chariot !




*Pour les non-Suisses : les deux chaînes de supermarchés principales en Suisse sont la Coop et la Migros, tous deux avec des enseignes oranges.

lundi 12 juin 2017

Cinéma en plein air à Montbenon



Du 23 juin au 21 juillet, un nouveau cinéma en plein air va s'installer à Lausanne. ENFIN. Vous vous souvenez peut-être de l'écran au Flon, ou de l'écran à Bellerive (j'y avais été un soir de tempête, le spectacle était hallucinant, mais on n'a jamais vu de film...), aucune de ces solutions n'a été pérennisée bien longtemps. Cet été, une nouvelle formule est tentée, au parc de Montbenon !

Je m'en réjouis d'abord parce que la vue est magnifique, ensuite parce que j'adore voir des films en plein air, enfin parce que leur programme et leur offre gourmande est bien pensée. Détaillons.

lundi 15 mai 2017

Carnivorisme


Il y a quelques semaines, j'ai eu l'énorme plaisir de participer au cours "Avis aux carnivores" organisé par les Laboratoires Culinaires, à l'invitation de leurs fondatrices. Elles organisent aussi des cours dans le cadre de Neuchâtel Ville du Goût 2017 (dont je vous avais présenté le programme). Et plein d'autres cours cette année, je vous recommande un coup d'oeil à leur programme alléchant (j'ai d'ailleurs très envie de participer au cours juste à cause du nom bien crétin comme j'aime parce que j'adore la betterave : "Comme des beet").

Mais revenons à la viande #hashtaglaviande. Si vous êtes végétariens, végétaliens ou végans, pas la peine de lire la suite, il n'y a aucune recette qui ne comporte pas du boeuf.

Ce cours avait plusieurs buts didactiques : nous apprendre à parer une entrecôte entière, à maîtriser les découpes de type tartare et carpaccio, à comprendre les différents types de cuisson possibles, et à nous donner des recettes afin d'oser innover chez nous. J'en suis ressortie satisfaite sur tous ces points.


Inga et Laetitia, fondatrices des Laboratoires Culinaires, et leur chef avait dressé le bar avec tous les ingrédients nécessaires, et pour chaque participant une planche, un couteau, un tablier et un dossier de recettes. Elles nous ont accueillis avec un (excellent) verre de vin, puis nous ont expliqué le déroulement du cours.


Puis le chef est entré dans le vif du sujet en nous expliquant comment parer une entrecôte. 

Cette magnifique entrecôte était fournie par Happy Meat, la première boucherie en ligne de Suisse. J'adore leur concept de crowdbuchering : on peut prendre commande sur leur site, pour du boeuf, de la volaille, du porc, de l'agneau et du cheval et même, en saison, du gibier, dès 4 kg. Lorsqu'une bête est entièrement vendue, ils s'occupent de la faire rassir au mieux, puis elle est envoyée à domicile (ou à retirer à leur petite boutique de Renens). Leurs garanties : une traçabilité du pré à l'assiette, une utilisation complète des animaux (donc moins de perte), des élevages sélectionnés pour leur proximité et leur politique de respect des animaux (parcours extérieur, fourrage bio, etc.). La classe non ?

On a donc appris à parer une entrecôte, puis à la découper. Nous avons commencé par des morceaux à réserver à la cuisson, ce jour-là au four à cuisson lente (100 degrés), avec deux excellentes marinades, en particulier une marinade d'inspiration hongroise à base d'ail, oignon rouge, moutarde en grain, paprika et vin blanc, une tuerie.


En plus de la recette, c'était surtout passionnant d'avoir les conseils du chef sur des détails pratiques qui font passer une recette de bonne à "je vais lécher mon assiette". Sur la cuisson lente et la marinade, voici ce que j'ai appris de très utile :

  • La cuisson parfaite, c'est à dire bleue mais chaude à coeur, est atteinte quand le centre du morceau de boeuf atteint 48 degrés (pour le veau c'est 58 degrés). Il faut donc absolument travailler avec un thermomètre à sonde, à piquer au coeur de la viande de manière latérale.
  • Dans une marinade, il faut toujours ajouter un peu d'eau, et même de l'eau minérale gazeuse si on en a sous la main. L'huile est un exhausteur de saveurs, mais elle les conserve, alors que l'eau aide à les transférer à la viande.



Nous sommes ensuite passés aux recettes de carpaccio. D'abord apprendre le mouvement de découpe, délicat. 


Puis des marinades afin de pouvoir déguster cette texture de plusieurs manières afin de se faire une idée de nos propres goûts. Ma marinade préférée a été la "façon tataki", avec de l'ail, du gingembre, du citron vert, de l'huile de sésame, du saké et de la sauce soja, très très goûtu. 


Mais celle qui mettait peut-être le mieux la qualité du boeuf en valeur, c'était la marinade estivale, dont voici les proportions (pour 4 personnes = environ 600gr de carpaccio) :
  • 1 grenade
  • 2 jus de citron verts
  • 3cs de vinaigre balsamique rouge
  • 3cs de vinaigre balsamique blanc
  • 1cc de moutarde en grain
  • 1/2 orange bien mûre pressée
  • huile olive, sel, poivre
  • copeaux de parmesan
  • roquette
Attention ! Il ne faut pas faire mariner le carpaccio trop longtemps, 5 minutes à peine, après sa sortie du frigo. 


Le jus d'orange, la moutarde et le parmesan sont un mariage fameux avec le boeuf, j'ai vraiment adoré cette recette. Et le principe du cours faisait que chaque petit groupe préparait une recette, mais on les goûtait toutes, c'était vraiment chouette de pouvoir comparer ainsi directement et se faire sa propre idée sur nos préférences avec des inspirations très différentes.

Puis nous sommes passés à la découpe et aux recettes de tartare. Avec le chef toujours très attentif à chacun, tout à fait adorable.


Et je suis ravie de savoir enfin découper un tartare pour qu'il ait la mâche parfaite, ça m'a décomplexée du couteau et je vais définitivement en refaire à la maison !


Là encore, plusieurs recettes, un tartare traditionnel, histoire d'apprendre les bases (anchois, échalote, persil, câpres, cognac, ciboulette, jaune d'oeuf, moutarde, jus de citron), un tartare méditerranéen (tomates séchées, olives noires, basilic, origan, ail, citron), un tartare mexicain (tomates, mangue, avocat, échalote, citron, coriandre), et, mon coup de coeur du jour, un tartare façon larb, une recette laotienne, que voici. (Pour 4 personnes, environ 720gr de boeuf) :
  • 1 racine de galanga
  • 1 bouquet de menthe
  • 1 bouquet de coriandre
  • 4-5 ciboules chinoises
  • 4 citrons verts
  • 2 piments oiseaux
  • 1cs d'huile de sésame
  • 1cs de saké
  • sel, poivre

Le galanga amène une profondeur et une fraîcheur incomparable tout en mettant en valeur le boeuf, on redécouvre le plaisir de cette mâche incomparable, c'est parfait, tout l'inverse de certains tartares qui peuvent être un peu écoeurants parfois.


Là encore, chaque groupe a fait une recette, puis nous les avons toutes goûtées. Passionnant de voir combien les différents styles de recettes changeaient la texture de la viande. Le chef nous a aussi montré un tartare flambé, pour avoir une idée de cette autre texture et goût amené par la chaleur vive #Maillard :-)


L'ambiance était excellente entre les participants, l'excellent vin servi n'y était peut-être pas étranger, il était temps de passer aux viandes cuites.


La fameuse marinade hongroise, superbe non ?


Viandes évidemment cuites à la perfection ! J'ai malheureusement dû filer, pauvre Lausannoise que je suis, afin d'avoir encore un bus à mon arrivée, et je suis repartie avec un superbe "doggy bag" avec ces deux morceaux splendides... que j'ai dégusté en sandwich le lendemain et heureusement, car après 3 carpaccios et 4 tartares... comment vous dire, ah oui, c'était bien un cours pour les carnivores !


J'ai énormément apprécié ce cours, d'abord parce que j'y ai vraiment appris des choses que je vais pouvoir réutiliser : découpes, astuces, savoir-faire et recettes. Ensuite parce que c'était vraiment un super moment, convivial, détendu, complet, avec des passionnés autant dans la fine équipe des Laboratoires Culinaires que chez tous les participants. Et enfin, bien sûr, parce que j'y ai drôlement bien mangé. 


Je vous recommande sans réserve aucune (à part un solide appétit indispensable) les cours des Laboratoires Culinaires, et j'en profite pour remercier chaleureusement Inga et Leatitia pour leur invitation et leur accueil généreux, et Christian, le chef, pour sa gentillesse, sa patience et son humour, et sa passion des cuisines du monde qui m'ont fait découvrir de nouveaux accords passionnants ! Je penserai à toi quand j'associerai boeuf et galanga ou orange et parmesan !

lundi 17 avril 2017

Mastodon 101 - mode d'emploi


C'est quoi Mastodon ?


Mastodon est un nouveau réseau social. Il ressemble à twitter car chacun peut publier des messages courts (500 caractères). Son originalité est qu'il n'a pas de centre, mais une fédération d'instances sur lesquelles chacun peut choisir d'héberger son profil. 

C'est cette originalité-là qui fait toute la différence. Pourquoi ? 

Parce que facebook, twitter et les autres déçoivent régulièrement certains internautes à cause de plusieurs facteurs : les publicités de plus en plus présentes, les problèmes de sécurité des données personnelles, la non-chronologie des contenus/les contenus triés par algorithmes, les problèmes de censure et de harcèlement, etc. 

Mastodon a pour ambition de régler tous ces problèmes avec une même solution : à la place d'une instance centrale qui prend toutes ces décisions et doit générer des revenus très importants afin de pouvoir continuer à exister, Mastodon a un code open source et est construit sur une multitudes d'instances différentes qui, chacune, héberge et régule le "trafic". Il se veut une alternative collective aux plateformes commerciales. (J'explique plus longuement les instances ci-dessous.)

Les grincheux diront que c'est trop simple, ou trop complexe, ou que c'est utopique, ou que ça ne prendra jamais. Ceux qui ont cédé aux défenses du pachyderme (dont moi), s'exclament de bonheur de retrouver l'ambiance de twitter entre 2007 et 2010, de joie de re-faire connaissance avec des inconnus aussi curieux que nous, et d'espoir que cette solution alternative "garantie" sans pub, avec des timelines chronologiques et sans f&+%*ing stories, garde son charme le plus longtemps possible.


Faut-il impérativement s'inscrire sur Mastodon?


Non.

Mastodon n'a pas pour ambition de devenir LE réseau de référence. Par sa construction plurielle, il est un chouïa plus complexe à apprivoiser que twitter. Donc :
  • Si vous ne comprenez pas twitter, vous ne voyez pas l'intérêt de twitter : n'essayez même pas.
  • Si vous aimez ou aimiez beaucoup twitter, mais que les pubs, l'algo qui a modifié votre TL et les scandales de harcèlement vous gonflent : Mastodon est fait pour vous.
  • Si vous êtes journaliste tech ou journaliste politique intéressé par les censures d'état, les médias sociaux, les gamers, etc : faites-vous un compte fissa.
  • Si vous aimez parler à des inconnus, découvrir de nouvelles communautés, explorer de nouveaux usages en train de se créer, si vous êtes curieux, gourmands, et drôles : on se réjouit de lire vos toots. 
(Je reviens sur le vocabulaire de Mastodon, ça va vous plaire.)


    Comment bien commencer sur Mastodon ?


    Ça marche un peu comme twitter, avec des @, des #, des timelines, etc. On garde peu ou prou le même vocabulaire à part pour quelques spécificités que je détaille ci-dessous. Mais pour s'inscrire, c'est un peu plus compliqué. Il faut commencer par choisir une instance.


    Qu'est-ce qu'une instance ?


    C'est un site web, tenu par une personne ou un collectif, qui va te permettre de te créer un compte Mastodon, qui va l'héberger, qui va te prêter son serveur, et qui va gérer cette communauté-là. C'est important car c'est ce qui va déterminer une partie de ton expérience Mastodon (la TL d'instance et la TL fédérale, j'y reviendrai), mais aussi car ce sont les règles de cette instance-là qui seront appliquées pour toi, et les autres usagers de ton instance.

    Il y a plusieurs centaines d'instance, leur nombre global change constamment par le principe même de décentralisation : certaines instances n'ont qu'un seul usager, d'autres en ont plusieurs milliers.

    Comment choisir une instance ?




    Il existe un outil pour choisir moyennement au hasard : tooter.today

    On peut aussi choisir un peu au hasard sur la liste d'instances répertoriées (non-exhaustive).

    On peut aussi choisir par thématique, par exemple : 
    On peut décider que le plus important c'est la géographie (et donc souvent la langue parlée, ou pour les plus pointus les lois nationales régissant Internet) : RomandieBruxellesBonnNortheastern University, etc.

    On peut aussi choisir une instance parce qu'on y connait quelqu'un, soit parmi les usagers, soit parmi les gestionnaires de l'instance. Les arguments de proximité et de confiance sont régulièrement cités comme déterminants.

    Enfin, on peut aussi simplement commencer par une instance, pour apprivoiser l'univers, puis migrer sur une autre instance par la suite, quand on a réussi à déterminer celle qui nous conviendrait le mieux.
    (C'est mon cas, j'ai commencé par me créer un compte sur mastodon.cx après avoir lu l'article de quelqu'un qui y était, j'ai un deuxième compte de veille sur mastodon.social, et pour ambition de co-créer une instance thématique où je ferai probablement ma transition finale.)

    Bref, il y a une instance pour chacun.



    Ensuite, il s'agit de vérifier que cette instance a une politique anti-harcèlement et concernant les contenus problématiques que vous cautionnez. Ces terms et guidelines sont détaillés sur la page d'accueil des différentes instances. C'est important de les lire, car elles vont déterminer l'ambiance de votre instance.

    Et si là vous vous dites : ouhlala, c'est beaucoup trop compliqué pour moi, je vais rester bien tranquillement sur facebook, c'est que vous faites le choix de l'autruche, car ces "terms & conditions", vous les avez accepté sur twitter, facebook et compagnie ; souvent sans les lire, et ils sont beaucoup plus problématiques ! (Et je ne parle même pas des questions de privacy...) En fait, mastodon c'est MOINS compliqué, et Mastodon permet d'opérer un choix conscient, parmi plusieurs acteurs.

    Un exemple avec mastodon.social, l'instance la plus peuplée pour l'instant.


    Comme vous pouvez le constater, ses règles anti-harcèlement sont très complètes et strictes. Les règles concernant les propos racistes, sexistes, violents et sexuels sont également très détaillés. C'est important, c'est ce qui va faire de votre instance un lieu agréable à fréquenter.

    D'autres instances ont choisi d'autres postures avec des textes plus résumés. D'autres instances (très minoritaires, c'est pour l'instant plutôt anecdotique) au contraire ont des attitudes nauséabondes, comme cette instance où les utilisateurs partageaient du contenu pédophile (plus d'infos). Mais sachez que les instances peuvent non seulement bloquer des usagers, mais également bloquer des instances entières. Ce qui est au final garant d'une bien meilleure stabilité et de plus de sécurité pour les usagers que sur une plateforme où des nuées de bots/trolls peuvent se mobiliser n'importe quand contre n'importe qui.

    On trouve ces informations sur toutes les instances et c'est à vous d'aller les lire pour faire votre choix !

    Ici mastodon.cx (celle où je me suis inscrite en arrivant), vous voyez en dessous de la plage d'inscription la mention "about this instance", qui résume les guidelines de l'instance (ici en français et en anglais) . C'est cette description qu'il vous faut lire AVANT de vous engager avec une instance.


    Tout en bas de la page, les mentions "terms", "apps", "source code" et "other instances". Ces quatre notions sont identiques pour toutes les instances : "terms" regroupe les politiques de sécurité des données personnelles, "apps" les différentes applications mobiles répertoriées pour utiliser Mastodon, "source code" est l'endroit sur Github où sont hébergées toutes les discussions en cours sur ceux et celles qui ont les mains de le cambouis pour construire et améliorer Mastodon, "other instances" c'est la liste non-exhaustive des instances répertoriées.


    Vous avez choisi une instance ? Parfait, plus qu'à vous inscrire, et là, ça redevient aussi facile que twitter : pseudo, mail, mot de passe, bim, vous êtes un mastonaute.

    Certaines instances vous prennent par la main avec un petit mode d'emploi. Encore un bon exemple de mastodon.social :





    Profil



    Comme on est entre gens de bon goût, ou cool kids comme dirait Mashable, on commence par se faire un profil pour dire aux autres mastonautes qui on est. Pour modifier le profil, c'est en haut à gauche, sous votre pseudo. On peut aussi modifier le profil depuis les apps.


    Vous pouvez y mettre votre nom (identique ou non à votre pseudo, j'y reviens), votre bio (160 caractères qui accepte les liens et d'autres pseudos mastodon), une image de profil (photo ou gif, qui finira en format carré aux coins arrondis sur les toots et en rond sur votre profil global), et une image de bannière (format 16:9).


    Après avoir créé un compte et personnalisé votre profil, je vous recommande également d'aller faire un tour sur les settings et dans les preferences. On peut y modifier la langue de l'interface, le choix de privacy par défaut, les types d'alertes par mail, etc.


    Comment ça marche ?


    Commençons par une petite leçon de vocabulaire :

    • Instance : site web qui héberge des "mastonautes", construit en (au moins) deux mots séparés d'un point.
      Exemple : mastondon.social, mastodon.cx, oulipo.social, indigo.zone, etc.
    • Toot : message envoyé sur Mastodon.
      Un grand nombre de francophones utilisent plutôt "pouet", mais je trouve ça affreux et ridicule, donc je garde "toot", comme nous utilisons "tweeter" et non "cui-cui-ter" pour l'autre oiseau bleu.
    • Boost : relayer un toot, c'est le RT de Mastodon. (Les flèches qui forment un rectangle sous les toots permettent de booster un toot. L'étoile c'est le favori de mastodon, même usage que twitter, sauf que l'étoile tourne sur elle-même c'est hyper mignon au moins les deux premières heures :-D )
    • Mastonaute : usager de Mastodon.
      Ce mot n'est pas encore totalement intégré dans l'usage, mais c'est celui que j'ai vu passer le plus souvent, d'autres mots existent en parallèle dans divers langues, j'ai vu passer : tootbadour, tootsie, poeteur (no way), masto, etc.


    Maintenant que vous parlez Mastodon, plongeons-y. 

    Ceux qui sont familiers avec l'interface TweetDeck vont rapidement trouver leurs marques avec l'interface web, pour les autres, visite guidée de l'interface web.
    (Il existe aussi des applications mobiles, elles sont très faciles d'utilisation et détaillées ici, les plus utilisées en ce moment sont Tusky sur android et Amaroq sur iOs. Elles ont sensiblement le même fonctionnement que l'interface web, c'est donc celle-ci que je vous détaille.)


    Les colonnes, vont de gauche à droite, chacune à son utilité, son rythme, son usage.

    La colonne tout à gauche comporte deux éléments importants : 
    1. Tout en haut, les symboles détaillent différentes action, de gauche à droite, qui vont s'afficher dans la colonne tout à droite : 
      • "getting started", qui permet d'atteindre différentes fonctions (les timelines, les préférences, la liste des favoris, etc.)
      • "local timeline" : c'est la timeline de votre instance, tous les messages envoyés par les usagers de votre instance, classés chronologiquement, les plus récents arrivent en haut
      • "federated timeline" : c'est la timeline de tous les usagers et les instances fédérées à la vôtre, ce qui ne veut pas dire que c'est une timeline globale. 
    2. L'espace pour écrire un message. (J'y reviens)
    La deuxième colonne est la timeline de vos abonnements. La troisième colonne est la "timeline" des interactions avec vous (réponses, abonnements, favoris, boost, citations, etc.). La quatrième colonne est modifiable grâce aux boutons cités ci-dessus, un seul contenu peut y être affiché à la fois, il s'agit donc de choisir lequel.


    Pourquoi plusieurs timelines ?


    Le côté non-centralisé de Mastodon provoque un très grand nombre d'interactions possibles. Commençons par la timeline qui n'existe pas, la timeline "globale", qui regrouperait TOUS les toots envoyés par tous les mastonautes.

    Home

    Votre timeline personnalisée avec tous les messages des mastonautes auxquels vous êtes abonnés, c'est le même principe que sur twitter, c'est vous qui gérez selon vos intérêts et affinités.


    Local timeline

    Repensons au joli gif ci-dessus et filons la métaphore Harry Potter. Vous arrivez sur Mastodon comme si vous arriviez à Hogwarts. Le Choixpeau magique décide de votre maison (= instance) : mettons que vous êtes devenu un membre de Gryffondor. Les discussions qui ont lieu dans le foyer de la tour de Gryffondor, où seuls sont acceptés des membres de cette maison, c'est votre timeline locale.


    Federated timeline

    Imaginez cette fois-ci que vous êtes attablé dans la Grande Salle, celle où ont lieu les cérémonies, les banquets, mais aussi tous les repas de Hogwarts, vous pouvez y entendre les conversations de tous les membres à portée d'oreille, quelle que soit leur maison. Mais la salle est immense, selon où vous avez décidé de vous asseoir, vous ne pouvez entendre qu'une partie des conversations. C'est la même chose ici : les instances fédérées avec la vôtre sont "à portée d'oreille", les messages des membres des instances plus lointaines n'y apparaitront pas.

    Tout l'intérêt de la popularité d'une instance réside ici : si votre instance est très reconnue, sa timeline fédérale sera d'une grande richesse, diversité et rapidité. (Je l'appelle timeline fédérale en français, parce que je suis Suisse et que ça m'amuse, mais on devrait plutôt dire "fédérée"). Ce sera peut-être bientôt trop rapide pour y suivre quoi que ce soit, ce sera peut-être bientôt trop plein de langues différentes pour que l'on y comprenne quoi que ce soit. Mais si votre instance est composée de trop peu de membres, qui sont peu actifs, abonnés à peu de mastonautes en dehors de votre instance, votre instance sera probablement liées à très peu d'autres et cette timeline fédérée sera comme un grand désert au fin fond d'une galaxie, remarquez, c'est parfois l'occasion de tomber sur le Dernier Bar Avant La Fin du monde, mais c'est une autre histoire.

    Mon instance par exemple, est connectée à des membres de 601 autres instances, ce qui crée une timeline fédérée très diversifiée et passionnante. 


    Comment écrire un toot ?




    C'est très similaire à twitter, on peut y ajouter une image ou un gif, des liens, héler des personnes par leur pseudo, etc.

    Les différences :

    • Un toot peut faire jusqu'à 500 caractères. (Pour ceux qui trouvaient twitter trop restreint pour développer une idée, c'est fabuleux.)
    • On peut camoufler du contenu (image et/ou texte) derrière un CW (content warning). On peut rédiger le warning comme on veut, ce qui donne lieu à des usages très intéressantes. (Exemple ci-dessous, à gauche le toot qu'on voit passer dans notre TL, à droite le toot sans le CW.) C'est utilisable pour faire des blagues, éviter les spoilers quand on parle d'un film ou d'une série, cacher des images qui pourraient être choquantes (violentes, sexuelles, etc.), une feature qu'on adorerait voir arriver sur twitter.

    • On peut sélectionner quatre visibilités/privacy de toot différentes.
      Public = visible par tous
      Unlisted = visible par tous, mais non présente sur les timelines locales ou fédérales
      Private = uniquement pour les followers (attention, ça n'a donc RIEN de privé !)
      Direct = visible uniquement par l'utilisateur auquel on parle (attention, encore une fois, ce n'est pas DU TOUT privé, les gestionnaires de l'audience qui vous hébergent peuvent voir vos messages directs).



    On peut choisir de modifier cette confidentialité à chaque toot, très facilement, sur la plateforme web et sur les applications mobiles (ici Amaroq pour iOs). Ce qu'il y a de plus important à garder en tête c'est que les gestionnaires de l'instance ont accès à tout. Mais quand on met quelque chose sur internet, ce n'est pas privé, jamais. Ces "messages directs" sont aussi peu privés que vos "whatsapp" et "messages personnels" sur facebook. Aucun scandale ici, juste une plus grande transparence.


    Vous avez choisi une instance, vous avez créé un profil, vous avez rédigé votre premier toot, vous êtes un mastonautes. Il ne me reste plus qu'à vous glisser quelques conseils pour une mastoexistance agréable.


    MastoDO


    Avant d'utiliser un outil, on apprend à s'en servir. Il s'agit ici d'être curieux et de fouiller, lire, cliquer partout, observer, s'abonner à des inconnus, tester, bref, apprivoiser ce nouvel univers.
    N'hésitez pas à poser des questions si vous ne comprenez pas quelque chose, mais évitez les tests inutiles qui peuvent pourrir la TL fédérale/locale de vos co-usagers, ou alors faites-les en limitant la diffusion à vos "followers" (private) qui sont forcément en petit nombre à votre arrivée.


    MastoDON'T


    • Ne pas créer un compte identique sur toutes les instances ("pour protéger mon pseudo" ai-je même entendu...). Chaque instance choisira une limite maximale de participants (car ça coûte en serveur...), donc il faut éviter au maximum les comptes inactifs/fantômes.
      De plus, cela devient illisible et impossible à suivre, on ne sait plus où vous êtes vraiment... et on risque de choisir d'unfollower partout plutôt que l'inverse.
    • Eviter de faire plein de comptes et suivre plein de gens avec tous ces comptes.
      Pour les raisons citées ci-dessus. Si vous vous faites un compte de veille sur une ou plusieurs autres instances que la principale que vous utilisez : notifiez-le(s) en tant que tel(s), avec une autre photo, un nom du compte inactif clair, une indication dans la bio, etc.). Ne suivez aucun compte (ou alors uniquement pour les besoins de cette veille, de manière explicitée sur la bio du compte ou sur le seul et unique toot de ce compte-là).
    A gauche mon compte principal, à droite mon compte de veille chez mastodon.social.

    • Eviter de jouer à la course aux followers
      (j'ai déjà observé des pratiques vraiment pénibles comme des follow-unfollow ; des concours genre "au 100e follower bla-bla-bla" ; etc.) : ça ne sert à rien ! Il faut être bon, c'est-à-dire pertinent, drôle, concis, percutant, intéressant, poli, sympa, etc. et vous aurez naturellement des followers, c'est tout. On est entre personnes de bon goût ici, pas sur snapchat : tiens-toi droit, mange la bouche fermée, et oublie l'autopromo vide, merci.
    • Ne PAS multiposter le même contenu sur plusieurs plateformes et ne PAS multiposter le même toot plusieurs fois. Ce qui est déjà très pénible sur twitter, devient absolument insupportable sur Mastodon. Ceux qui sont présents lisent et ne veulent pas voir passer ta blague, ton article de blog, ta photo ou tes états d'âme 6 fois par jour automatisé par ITTT/buffer. (Notez que personne ne veut ça sur twitter ni facebook non plus, mais apparemment ce n'est plus punissable de la peine de mort l'unfollow depuis quelques temps, sauf dans ma TL.)


    FAQ


    Pour le reste, les Mastonautes sont ouverts et plutôt sympathiques et disponibles, ils sont comme vous, curieux de l'outil, donc vous pouvez leur poser des questions. J'en ai vu passer beaucoup, voici quelques réponses (que j'augmenterai de celles que vous me poserez sur mastodon ou dans les commentaires ci-dessous afin d'avoir une FAQ la plus utile possible pour les bébés mastonautes).

    Je crois que je n'ai écrit cet article que pour pouvoir mettre un légitime gif de bébé rhino.


    Où trouver mon profil ?


    Cliquer sur votre image de profil tout en haut à gauche, votre profil s'affichera alors sur la quatrième colonne.
    Si vous avez besoin de l'url de votre profil pour le partager, c'est simple, c'est votre.instance/@votrepseudo. Vous pouvez le copier-coller simplement en cliquant à nouveau sur votre profil dans la quatrième colonne, un nouvel onglet s'ouvrira dans votre navigateur sur votre page profil. C'est cet url que vous devez partager en dehors de Mastodon.


    Comment s'abonner à quelqu'un ?


    En cliquant sur la photo de profil d'un toot que vous avez vu dans une de vos timeline, le profil du mastonaute s'affiche dans la 4e colonne. En cliquant sur le petit personnage avec un +, vous vous abonnez à ce membre, quelle que soit son instance.


    Si vous tombez directement sur le profil d'un mastonaute qui n'est pas de votre instance.
    Il faut cliquer sur "remote follow", et indiquer votre pseudo complet : votrepseudo@votreinstance




    Comment citer quelqu'un ?


    Vous venez de voir que le pseudo complet de quelqu'un c'est pseudo@instance. Pour le "handle" de quelqu'un, c'est-à-dire la manière de le citer dans un toot afin qu'il ait une notification, il faut procéder ainsi : @pseudo@instance. Il y a un "raccourci" si vous êtes dans la même instance, le @pseudo suffit alors.

    Oui, c'est pénible. Oui, il faut se souvenir des instances. Enfin non, pas tout à fait. Car quand on a déjà parlé à quelqu'un, mastodon se souvient. Et parce que la barre de recherche (juste en dessus de l'espace pour tooter) est plutôt efficace.
    Le problème principal : les petits malins qui se sont fait 150 comptes, on y revient, d'où l'importance de bien différencier votre compte principal.




    Comment bloquer/muter un usager ?


    Sous la description du compte, à gauche des décomptes de toot, followers/following, on peut décider de mentionner, muter (= ne plus voir les toots dans les différentes timelines), bloquer ou signaler un compte. (Sur l'application Amaroq, on en peut pas encore signaler un compte, mais on peut faire le reste.)






    Voilà pour ce survol de Mastodon, merci d'avoir lu jusqu'ici, c'est toujours ardu à écrire, et à lire, ce genre de mode d'emploi, mais j'espère que c'est utile.

    Si vous avez d'autres questions,  d'autres MastoDO and MastoDON'T à ajouter à cette liste, d'autres sources, des réflexions sur cet outil et les problématiques qu'ils soulèvent, je vous écoute volontiers dans les commentaires, ou directement sur Mastodon.


    Ce mode d'emploi a pour ambition d'être le plus simple possible tout en répondant à toutes les questions de base, c'est volontairement qu'il n'entre pas dans les détails politiques et polémiques. Mastodon en est au début de son existence, le fait que ce soit un outil open source implique que plein de participants sont en train de s'y pencher pour améliorer cet outil. Il va donc être modifié, augmenté de nouvelles possibilités, amélioré visuellement, etc. durant ces prochains jours, ces prochaines semaines, ces prochains mois et, si tout va bien pour lui, ces prochaines années.

    Comprendre mieux, en savoir plus, quelques compte à qui vous abonner pour commencer, je m'ennuie alors je veux lire des trucs, et autres sources intéressantes sur le sujet :


    Et en anglais, tout le monde en parle... sur Verge, Vice, Mashable, Quartz, ...